septembre 26, 2019 3 temps de lecture

SERVEZ-VOUS !  

>> Avec 80% des magasins bio équipés de rayons vrac, plus de 160 épiceries vrac, sous oublier les grandes enseignes, très actives elles aussi : la France est aujourd’hui le pays le plus développé en matière de vrac !

>> Cette réussite, on la doit beaucoup à Réseau Vrac, une association née en 2016 pour en finir avec le gaspillage et les déchets d’emballages. Distributeurs, fournisseurs, fabricants, ils étaient une poignée (dont Pachamamaï !) à y croire. Aujourd’hui, l’associations compte plus de 800 professionnels. Une histoire, des défis, des enjeux, évoqués en détails dans le magazine Socialter.

Effarée par le gaspillage, Célia Rennesson co-fonde en 2016 : Réseau Vrac, une association destinée à accélérer le développement de la vente en vrac, en France et dans le monde. Elle revient sur un véritable phénomène de société.

 La France, championne de la vente en vrac ?

« Oui, la France est à l'avant-garde de la consommation "en vrac", Mais pour que ce système se généralise, il faut réussir à former les commerçants, sensibiliser les consommateurs et relever des défis techniques.

La France est aujourd’hui le pays le plus développé en matière de vrac : notre association estime à plus de 160 le nombre d’épiceries vrac spécialisées, environ 80% des magasins bio sont équipés de rayon vrac et les grandes enseignes de la distribution conventionnelle s’équipent à leur tour. »

Petit rappel : la vente en vrac c’est la vente de produits non pré-emballésOn parlera de « vrac frais » et de « vrac hors frais », qui s’applique aux produits comme le riz, les farines, les huiles, les céréales, les épices, les boissons, les produits d’entretien, les cosmétiques, etc.

En 4 ans, le marché du « vrac hors frais » a été multiplié par 5 passant de 100 à 500 millions d’euros fin 2017. Pour autant, seulement 0,5% des Français consomment de manière régulière en vrac. Alors que faudrait-il faire pour généraliser ?

Un modèle pas simple à mettre en place

Si l’on regarde du côté de la grande distribution, seulement 20% des grandes surfaces (tous formats confondus) sont équipées d’un rayon selon nos estimations.

Parce que le vrac requiert du temps, de la main-d’œuvre, du suivi et de l’adaptation. Les produits livrés doivent être transvasés par le magasin dans des bacs ou des silos. Ces bacs et ces silos doivent ensuite être nettoyés à chaque changement de lot. Le rayon vrac doit être régulièrement inspecté et nettoyé au cours de la journée pour être propre et accueillant. Les vendeurs doivent être disponibles et connaître les produits pour conseiller les clients. Sans oublier l’investissement initial qui n’est pas des moindres comparé à un rayon traditionnel.

En somme, se lancer dans le vrac ne s’improvise pas et ce rayon exige du temps et de la main-d’œuvre dédiée. Ce qui n’est pas le modèle actuel de la grande distribution.  

Une offre de produits à élargir

Tous les produits ne se vendent pas (encore) en vrac du fait de freins réglementaires, techniques et économiques.

Par exemple, l’huile d’olive qui est la deuxième huile consommée en France, est interdite à la vente en vrac au niveau européen.

Les produits secs sous SIQO (Label Rouge, IGP ou AOP/AOC) ont des cahiers des charges inadaptés qui ne prévoient pas leur vente en vrac.

Pour les produits fragiles comme la compote, ou les boissons végétales, il n’y pas encore de dispositif permettant le self-service de ces produits dans les conditions d’hygiène attendues et avec un modèle économique viable.

Enfin depuis plus de 50 ans, les fabricants emballent leurs produits dans des sachets de petite quantité et leurs outils de production ne sont pas adaptés à la production en vrac dans des sacs de gros volumes.

Une question de confiance

Bien qu’ancien et familier, le vrac peut faire peur en matière d’hygiène, de traçabilité et de qualité. La notion d’hygiène est très prégnante dans notre quotidien, les consommateurs ne sont plus habitués à manipuler les produits puisqu’ils achètent emballés.

Enfin les produits actuellement vendus en vrac sont dépourvus de marque. Or celle-ci représente le plus souvent un gage de qualité et de confiance.

Accroître l’offre de produits disponibles en vrac

(…) Maintenant que la demande est présente et qu’il y a un marché, il est nécessaire d’inciter les fabricants à innover pour trouver des solutions techniques et viables permettant de distribuer les produits fragiles en vrac. Ceci pourrait passer par la création d’un Lab de l’Innovation dédié au vrac auquel notre association réfléchit.