février 09, 2022 5 temps de lecture

Dans la jungle des cosmétiques, un imposteur, passé maître dans l’art de l’illusion sème le trouble. Plus vrai que nature, il se fond dans les rayons, s’immisce discrètement dans les salles de bains, et crée la confusion dans l’esprit des consommateur… Pas de suspens, vous l’avez forcément en tête, celui que l’on nomme : Green-washing !

Né de la contraction des mots « green » qui signifie vert et « brainwashing », traduit littéralement par lavage de cerveau, cet anglicisme largement utilisé, peut aussi être appelé éco-blanchiment ou verdissage. Mais qu’est-ce que c’est vraiment ? Eh bien, assez simplement, il s’agit d’une pratique marketing utilisée par les marques pour communiquer auprès des consommateurs en utilisant l'argument écologique de manière trompeuse et dans le but d’améliorer l’image. En bref, c’est vendre un produit soi-disant écolo alors qu’il ne l’est pas vraiment ! Un bel emballage vert, quelques plantes, de belles fausses promesses qui font rêver et le tour est joué…

 

 

 

Ainsi, nombreuses sont les marques qui profitent de l’engouement croissant des consommateurs pour les produits sains et respectueux de l’environnement. Mais rares sont celles qui opèrent de réels changements et innovent en ce sens. La plupart se contentent de déployer une stratégie de communication, qui n’a de vert que l’apparence. Qui ne s’est jamais laissé séduire par un joli packaging aux codes évocateurs de la nature, l’environnement, et du bien-être ? Si sur le moment le choix semble bon, une fois l’emballage ôté, la déception, elle, est grande.

Vous avez à cœur la volonté de vivre plus durablement, d’écouter vos besoins et ceux de la Terre et de les accorder pour vivre en harmonie, vivre mieux ? Mais voilà, il n’est pas toujours aisé d’identifier les cosmétiques trompeurs si bien l’illusion est entretenue. Pour éviter le piège du greenwashing, véritable as de la dissimulation, voici pour vous quelques astuces simples pour le démasquer.

Envolé les fausses promesses et les apparences trompeuses. Démêlons ensemble le vrai du faux ! 😉

 

  • Étape 1 : Connaître et reconnaître les labels qui ont du sens

Pour asseoir la légitimité de leur positionnement écoresponsable et mettre en avant l’authenticité de leurs engagements, certaines marques usent de logos trompeurs, de faux labels. Pratique courante, certaines marques vont jusqu’à créer leur propre logo pour contourner le fait qu’elles ne puissent pas être labellisées par un label écologique fiable. Vous l’aurez compris, ces logos factices ne justifient en rien le caractère biologique ou naturel des produits sur lesquels ils sont apposés. N’ayant pas fait l’objet d’une étude menée par un organisme certificateur, il n’existe aucune preuve permettant d’affirmer des caractéristiques qu’ils avancent.

En cosmétique, lorsqu’un produit obtient un label reconnu, c’est la garantie que ce dernier respecte un certain nombre de critères exigeants et rigoureux, déterminés par une charte, un cahier des charges et symbolisé par un logo. En d’autres mots, pour le consommateur : c’est un gage de transparence, de sécurité, de qualité, de fiabilité et de confiance. Voici quelques labels cosmétiques auxquels vous pouvez faire une totale confiance : Slow cosmétique, Cosmos Natural et Cosmos Organic, Cruelty Free and Vegan (PETA), Demeter, Fair trade, Fair for Life, Nature et Progrès D’autres labels existent aussi, ceux-là étant les plus connus.

 

  • Étape 2 : Identifier les abus de langage

L’une des techniques largement déployées par les marques adeptes du greenwashing consiste à mettre en avant l’unique produit naturel d’un composant, tout en communiquant de manière assez vague afin de laisser croire au consommateur que cette caractéristique porte sur l’ensemble du produit. Dans la réalité des faits, cet ingrédient ou actif ne représente bien souvent qu’un faible pourcentage dans la formule globale et permet de dissimuler dans l’ombre de ces jolies paroles une multitude d’ingrédients chimiques, polluants et parfois même nocifs. Ces abus sont permis par la définition assez large qu’offre le terme « naturel». En effet le pétrole, huile d’origine naturelle, peut être qualifié d’ingrédient naturel bien qu’étant plus que litigieux pour le bien-être de l’homme et la santé  de la Terre. L’appellation Bio n’est pas non plus épargnée par ces jeux de mots adroits. En effet, certains placent les termes « Bio » ou « Biologique » au cœur de la campagne de communication de leur produit alors même qu’une partie infime de l’ingrédient ciblé par cette appellation l’est vraiment. Pourtant, l’usage de ces termes est réglementé…

Afin de vous éviter de tomber dans l’illusion et de vous laisser envoûter par ces quelques belles paroles, vous devez vous rappeler qu’en terme de cosmétique bio, la certification de référence se nomme « Cosmos » (COSMetic Organic Standard). Le référentiel sur lequel se base la certification « Cosmos » établit deux niveaux d’exigence : « Cosmos Natural » pour les produits de beauté « naturels » et « Cosmos Organic » pour les cosmétiques « biologiques ». Et c’est là que se situe toute la subtilité ! Pour qu’un produit cosmétique soit certifié « Natural », il faut qu’au moins 95% des ingrédients compris dans sa formulation soient d’origine naturelle, alors que pour qu’il soit certifié « Organic », le référentiel exige en plus un minima de 95% des ingrédients végétaux issus de l’Agriculture Biologique. Sur le total du produit, 20% minimum des ingrédients doivent donc être biologiques pour les produits rincés (savons, shampoings, dentifrices…) et 10% pour les produits non rincés (baumes, déodorants, sérums…).

Pour ne pas vous laisser séduire par de simples mots, nous vous conseillons de chercher la présence de labels reconnus sur le packaging des produits qui vous font de l’œil !

 

  • Étape 3 : Ne pas se fier aux apparences !

Peu importe le produit, le green-washing repose généralement sur les mêmes codes, facilement reconnaissables. Concrètement on retrouvera la couleur verte, mise en évidence et parfois même à outrance, des fleurs et des plantes apposées sur le packaging et l’étiquette, une abondance de mention « sans X composants » (remplacés par X des composants controversés ou nocifs» ce qui d’ailleurs n’est pas autorisé par la réglementation, un nom de marque ou une base line teintés de nature et de vert… Ce jeu d’apparence est très trompeur, ne vous fiez donc jamais au packaging et lisez toujours l'étiquette du produit.

Pour ne pas tomber dans les nombreux pièges habiles déployés par opportunisme, référez-vous à la liste INCI.

Celle-ci figure obligatoirement sur le packaging primaire et/ou secondaire d’un produit cosmétique. L’association Slow Cosmétique vous aide à en savoir plus pour lire les étiquettes : https://www.slow-cosmetique.org/vous-informer/comprendre-la-liste-inci/

Comme pour un produit alimentaire, cette liste INCI permet de faire la lumière sur tout ce qui compose le produit. Cette liste n’est pas établie de manière aléatoire, les matières premières doivent figurées dans un ordre précis. En effet, elles sont énumérées les unes après les autres dans l’ordre décroissant de leur concentration (du plus au moins concentré) dans la formule. Pour les matières premières utilisées à moins de 1% de concentration, le fabricant peut les faire apparaître dans l’ordre qu’il souhaite à la fin de la liste INCI.  Néanmoins, cette liste ne permet pas de connaître les quantités exactes, ni les origines des matières premières et leurs modes de fabrication. Il est donc judicieux de se renseigner sur la marque, en consultant par exemple le site web de celle-ci et plus particulièrement la section engagements qui vous permettra d’en savoir davantage sur les valeurs portées par la marque et les actions menées dans le sens de celles-ci. Si le greenwashing a plus d’un tour dans son packaging pour vous donner l’illusion d’un produit sain et d’une marque engagée, il existe cependant quelques astuces simples pour ne plus se laisser berner !

L’explosion de l’offre de cosmétiques naturels et bio, la diversité des labels, le greenwashing... Autant d’éléments qui rendent parfois difficile le choix en toute confiance de ses produits et la transition vers un mode de consommation véritablement plus responsables. C’est là que commence la mission de Pachamamai, prendre soin de vous et de la planète, participer avec tous les acteurs présents sur le marché à la transformation des usages, et cela tout en transparence.

 

 

 

Maintenant que vous en savez plus sur le greenwashing, à vous de le démasquer ! À vos étiquettes … décryptez !